Aller au contenu

L'actualité béninoise et internationale, en continu

En continu
Économie

Par Rédaction Publié le 3 min de lecture
Partager

Lors d’un panel de l’Africa Digital Expo, la directrice des technologies de MTN Bénin a insisté sur la nécessité d’intégrer la sécurité dès la conception des systèmes. Aux côtés des autorités béninoises et d’experts africains, les intervenants ont appelé à une coopération institutionnelle renforcée et à une souveraineté des infrastructures numériques.

 L’accélération de la transition numérique en Afrique, portée par le déploiement de la 5G, redéfinit le paysage économique du continent. Si cette dynamique apporte un vent d’innovation sans précédent, elle complexifie aussi les menaces cybernétiques et la surface d’attaque. Face à ce constat, Titilope Fakuade, directrice des technologies et de l’information de MTN Bénin, a rappelé l’urgence d’agir. C’était le mercredi 21 octobre, lors d’un panel de l’Africa Digital Expo (ADEX 2026) consacré à la cyber-résilience à l’ère de la 5G.

Aux côtés de Titilope Fakuade, le débat a réuni Ouanilo Medegan Fagla, directeur général du Centre national d’investigations numériques (CNIN) du Bénin, et Luciano Hounkponou, président de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP). Le panel a également accueilli le Marocain Keyser Tabi, directeur du centre des opérations de sécurité de Data Project, ainsi qu’Hosni Dubu, expert en cybersécurité et directeur général de Qalyx en République démocratique du Congo.

Une sécurité pensée dès l’origine

Pour contrer l’expansion des cyberattaques, la représentante de MTN Bénin a insisté sur la nécessité d’une approche proactive. Il s’agit de s’assurer que les initiatives et les programmes soient « conçus dès l’origine avec la sécurité à l’esprit », tout en garantissant la capacité de détecter, d’identifier et de réagir efficacement face aux incidents le long de toute la chaîne de valeur.

Vers une co-régulation institutionnelle

Face à ces défis, Luciano Hounkponou a souligné la nécessité d’une alliance entre les institutions. « Aujourd’hui, il faut qu’on arrive à décloisonner pour mieux gouverner. Une régulation en silos est aujourd’hui totalement inadéquate. Il faut une coopération entre l’autorité de protection des données, l’agence en charge de la cybersécurité et l’ARCEP », a-t-il déclaré.

Le président de l’APDP a également rappelé que l’indépendance numérique du continent africain dépend directement de la maîtrise de ses infrastructures. Le stockage local des données constitue un impératif de sécurité incontournable, adossé à une application rigoureuse du Code numérique qui impose l’implantation des serveurs critiques sur les territoires nationaux.

Briser le silence et bâtir un écosystème de confiance

De son côté, Ouanilo Medegan Fagla a mis en garde contre l’illusion de la sécurité passive et appelé à une prise de conscience collective. « Ce n’est pas la technologie elle-même qui porte le risque, ce sont les nouveaux usages qui vont être créés qui vont amener des risques », a-t-il averti.

Le directeur général du CNIN a regretté la tendance à taire les incidents par souci de défense, privant l’écosystème de retours d’expérience précieux. Pour bâtir un climat de confiance solide, il est indispensable que l’ensemble des parties prenantes acceptent de partager leurs erreurs et les leçons tirées des cyberattaques subies.

En clôture de session, les panélistes ont unanimement rappelé que la cybersécurité repose avant tout sur l’humain. La valorisation et le renforcement des talents locaux demeurent les clés de voûte pour accompagner durablement la croissance numérique de l’Afrique, sans compromettre la sécurité de ses infrastructures critiques.

Partager

Réactions

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *